Depuis que je vis en Rep Dom, mes cheveux (ainsi que ma vie) ont pris une autre tournure. Dit autrement, j’ai réveillé la bête. Ca doit être un mix d’humidité et de chaleur ambiante, de pollution et de bains de mer (assez) fréquents, ou le fait que je ne me lave les cheveux plus qu’une fois par semaine. Ou l’absence de bonnets en laine sur ma tête. Ou juste un autre période capillaire de ma vie. Toujours est-il que j’arbore maintenant quasiment une afro. Ne vous méprenez pas, ça m’enchante. Néanmoins, entre coiffure stylée et barbe à papa sèche sur la tête, il n’y a qu’un pas.

Vous me direz, ça tombe bien, tu es dans un pays où les produits pour cheveux frisés / bouclés / crépus doivent pulluler. Eh bien détrompez-vous : les femmes ici, hormis une poignée de hipsters et de rebelles, se lissent religieusement les cheveux. On m’a même dit qu’il était interdit dans certaines banques de venir travailler avec les cheveux « au naturel » (info à vérifier tout de même). Donc pour l’instant, je suis encore sur mes produits rapportés de France, à savoir cette crème Bumble & Bumble. J’avais un spray pas mal aussi mais terminé depuis longtemps. Un remplacement s’imposait, mais en bonne traumatisée des déchets que je suis, je ne voulais pas racheter de produits dans un emballage plastique, ou me racheter des produits en France (hors de prix qui plus est).

C’est là que je suis tombée sur cette vidéo de Fred (l’auteur de ma coupe démentielle), où il parle de gel à l’aloe vera. Je me suis dit chic. Puis je me suis dit « ouais mais attends, gel d’aloe vera acheté = emballage plastique = catastrophe environnementale ». Puis je me suis souvenue de cet article où on apprend à faire un masque à base d’aloe vera frais (lu il y a 1000 ans et où sur le coup je me suis demandé de qui on se foutait parce que l’aloe vera frais ça court pas les rayons des Franprix d’Asnières sur Seine). Puis je me suis souvenue que ça courait les rayons des supermarchés d’ici (et que chaque fois que j’en voyais je me demandais bien ce que les gens pouvaient bien faire de cette espèce de feuille de cactus). Trois neurones se sont mises en branle et ta-da, il me FALLAIT de l’aloe vera, ma santé capillaire en dépendait.

Je vous passe les détails de la découverte de l’endroit dans les internets où se cachent tous les blogs faisant la promotion des cheveux au naturel pour les femmes noires avec plein de recettes pour des produits maison parce que le marché ne répond pas à la demande j’ai l’impression (c’est là qu’on termine quand on a une afro que voulez-vous). Je vous passe aussi les détails peu ragoutants de l’extraction du gel de la plante d’aloe vera, à mi-chemin entre le blanc d’œuf et la morve. Sachez tout de même que les internets se partagent entre deux techniques d’extraction : le mixage ou le remuage. Le mixage étant la plus répandue, j’ai opté pour elle mais testerait surement le remuage une prochaine fois parce que ça fait un produit qui a l’air plus propre.

Donc me voilà avec mon gel bénéfique pour le corps entier apparemment. Je fais mon lavage hebdo de cheveux, puis m’enduis généreusement le corps, le visage et la crinière de la mixture. Déjà, je dois dire que c’est pas très agréable, c’est vraiment gluant. Ça colle pas, mais c’est gluant. Puis ça sèche. Et là, déception totale : ça laisse comme des petites peaux blanches partout. Au point que ma prof d’espagnol m’a demandé ce que j’avais dans les cheveux. Après confirmation auprès d’un coiffeur (dont c’est le métier donc), ce serait normal et inévitable. Donc c’est comme ça que je vous annonce que cette expérience était un échec total et que j’ai racheté de la crème aux Etats-Unis. Ou comment la vanité a surpassé mes valeurs.

Si vous avez une recette pour faire de l’aloe vera sans avoir l’air de peler du crâne, s’il vous plait, partagez !!