En ce moment, j’ai une double obsession :

  • Vider mes placards : comme je vais bientôt déménager et que je surfe toujours sur des rêves de minimalisme, je caresse l’espoir de déplacer le moins d’objets possible. Je m’attèle donc tour à tour à finir ce qui traîne dans les placards : kilos de semoule, de pâtes, de farine (bonjour les gauffres au petit dej), conserves périmées, pots de miel (je crois sans exagération qu’on en a 26, mon cher et tendre ayant une passion pour ce produit)… Dans la salle de bains, même combat, je me tartine tous les matins d’ombre à paupières (même si ça mesure 1cm3, c’est pour provoquer l’énergie globale), de crèmes, de masques hydratants/détoxifiants/purifiants/puants. J’essaie de me faire les ongles (mais là encore l’objectif est lontain, je crois n’avoir jamais fini un vernis à ongles de ma vie). Bref, utiliser plutôt que jeter.
  • Limiter mes déchets : dès que je dois remplacer un produit, je me demande si il y a une alternative homemade ou avec moins d’emballage.

Portée par ces deux lubies, j’ai été confrontée à une double situation :

  1. L’hiver fait rage et je n’ai plus de crème pour les mains
  2. Je tombe régulièrement nez à nez avec le pot d’huile de coco acheté pour faire de l’après-shampoing (souvenez-vous, une vraie réussite).

Qu’à cela ne tienne, je me suis tournée vers mon ami google et lui ai demandé « DIY crème mains huile de coco ? ». Il m’a envoyé vers un site très complet et bien fait, qui explique la base de la crème maison : de l’huile végétale ,du beurre végétal, de l’huile essentielle et de la cire d’abeille. Dès l’intitulé « Recette ultra facile », j’ai senti que c’était the one.

J’ai donc scrollé jusqu’à « huile de coco », pour découvrir que la recette dite « anti-stress » me permettrait d’utiliser non seulement mon huile de coco, mais aussi mon huile essentielle de lavande acquise pour le même après-shampoing (ils parlent de « lavandin », mais comme je ne connais pas la différence j’ai considéré qu’on parlait de la même chose.). Bingo ! Wonderful ! Que demande le peuple ? Ma décision était prise : j’allais faire ma propre crème pour les mains anti-stress à base d’huile de coco, de beurre de kokum, d’huile essentielle de lavande, de cire d’abeille et de vitamine E.

J’ai failli être effrayée deux minutes par le terme « beurre de kokum ». Heureusement mon ami Google m’a permis de lever le mystère. Bon, on n’en mange pas tous les jours à la cantine, mais parfois on en croise.

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Et oui Monsieur, c’est ça un kokum, et on fait du beurre avec l’écorce. De rien pour la minute culture gé, ça me fait plaisir.

En revanche, le Biocoop du coin n’avait visiblement pas lu cet article parce que point de beurre de kokum dans ses rayons. Ni de Vitamine E, ni de cire d’abeille. J’ai donc du m’aventurer pour la 1ère fois de ma vie dans le temple parisien de la cosmétique maison, j’ai nommé… Aroma Zone (musique solennelle).

C’est Gé qui m’a donné l’adresse, elle avait du s’y approvisionner pour son déo homemade. En entrant dans la boutique, j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une petite adresse cachée que les hippies se refilaient sous le manteau. 200 ou 300 m2 de boutique, rayons rétroéclairés, signalétique digne d’un Carrefour Planet. Et des gens, que de gens ! Des queues de 30 personnes à chaque caisse. Clairement je n’étais pas une early adopter de la cosmétique maison. Et que je te remplis mon panier de sel rose de l’himalaya, de poudre de pivoine et d’huile d’andiroba… Il ne manquait plus que les poils de crapaud. Ils vendent même de l’huile de brocoli ! Depuis quand y’a-il du gras dans le brocoli ?!

Avec un choix aussi vaste, j’ai trouvé sans aucun mal mes ingrédients – qui n’avaient plus rien de mystérieux – et me suis retrouvée nez à nez avec mes propres contradictions.

L’idée était de se débarrasser de ça :

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Et je me suis retrouvée avec ça :

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Pour quelqu’un qui voulait vider ses placards, c’est raté. Pour quelqu’un qui voulait limiter les emballages plastiques, c’est loupé aussi. Il me restait l’objectif du naturel, et celui non dissimulé que la cosmétique maison, c’est un peu la pâte à modeler des adultes. C’est rigolo.

Et c’est parti pour l’assemblage ! Les détails techniques sont dans le lien cité plus haut, mais dans les grandes lignes, ça donne :

  • Faire fondre au bain-marie la cire et le beurre de kokum

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  • Une fois sorti du feu, mélanger avec le reste des ingrédients. La vitamine E fait office de conservateur naturel.
  • Verser tout ça dans le récipient, et laisser refroidir.

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Et VOI-LA ! Pour le coup la recette n’avait pas menti, c’est ultra facile et rapide.

Le résultat ? Ca sent fort la lavande. La consistance est un peu plus huileuse qu’une crème pour les mains traditionnelle, mais ça s’absorbe plutôt vite et bien. Une fois refroidi, le mélange est un poil trop dur pour le contenant que j’ai choisi. Je pense qu’il aurait mieux valu un petit pot dans lequel on se sert au doigt.

Je commence déjà à préparer la prochaine expérience. J’ai demandé à Google ce qu’on pouvait bien faire avec du beurre de kokum, il me parle de déodorant et de crème pour le corps. A suivre ?

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(J’avoue, sur la photo ce sont de vulgaires noix de Grenoble. Rien à voir avec la recette.)

Edit après 4 jours d’utilisation de la crème : l’huile de coco, le beurre de kokum, la cire d’abeille, j’aurais du m’en douter, mais tout ça durcit méchamment. Du coup ce joli flacon à pompe ne m’a plus été d’aucune utilité une fois que le tube en plastique est resté paralysé dans le produit, irrécupérable. J’ai donc tout fait refondre et j’ai mis ça dans un pot plat à couvercle, beaucoup plus adapté. Il faut un peu racler pour s’en mettre, comme pour un labello, mais ça passe. 

Ça sent également très fort la lavande. Si vous ne voulez pas passer pour un diffuseur d’huiles essentielles ambulant, je vous conseille de mettre moins de la moitié de la dose !

Mais l’objectif est là : j’ai les mains douces ! Youpi !