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PP vs. SD : le petit dej

Il faut vivre pour manger, et les calories ingurgitées avant midi ne comptent pas. Donc de toute évidence ce match Saint Domingue vs. Phnom Penh n°4 se concentrera sur LE PETIT DEJEUNER. Que mange-t-on au réveil sur les plages caribéennes ou au pied des temples d’Angkor? On vous dit tout.

Avant: la lumière électrique de nos cuisines
Bien sûr que Paris abrite les meilleurs boulangers du monde qui chaque nuit font dorer des pains au chocolat et croissants à se rouler par terre. Bien sûr que la France n’a pas à rougir du bruit du café filtre qui chauffe et du beurre demi sel etalé sous une fine couche de confitures de figues.
Alors même si la plupart de mes matins ressemblaient plutôt à un bol de céréales avalé en vitesse au son de « France Inter, il est huit heures », nos vies d’avant ont mis la barre très très haut en termes de petits déjeuners.
Tous mes voyages effectués dans des contrées lointaines m’ont mené à la conclusion que même pour le plus gourmand et curieux des voyageurs, le petit dej est l’étape ultime de l’acclimatation, le moment le plus propice au mal du pays. Et n’importe quelle nationalité vous dira pareil de son propre petit dej.

Maintenant : Phnom Penh


Comme dans beaucoup d’endroit en Asie, le petit déjeuner est un vrai repas. Aussi copieux et essentiel qu’un dîner ou un déjeuner. Il est extrêmement courant de le prendre dehors, au restaurant, avant d’aller bosser.
Les restos de petit dejs sont plein à craquer et ne sont parfois ouverts QUE pour le petit dej, c’est dire si la fréquentation est suffisante.

En terme d’ambiance, le plus courant est le resto de rue qui fait son apparition sur le trottoir pendant la nuit, ou la cantine semi-ouverte avec ses tables en inox et ses ventilateurs.

On y croise de tout : des businessman en train de faire le premier meeting de la journée, des familles, des copains qui s’échangent les dernières vannes avant d’entamer une journée de boulot. Ils restent rarement plus de 30 minutes à table.

Sur la table, on trouve parfois n’importe quel type de plat khmer, les cambodgiens étant beaucoup plus flexibles que nous là dessus (à part pour faire un régime, les spécial K au dîner, c’est bizarre), mais la base de la base, c’est la soupe de nouilles.

Dans un bouillon bien chaud, on met des nouilles de riz, quelques herbes, de la viande (lamelles de boeuf, porc haché, boulettes de viande, c’est selon), et très (trop) souvent, des abats en tous genres.
On peut tremper ce qu’on y pioche dans une sauce type Hoisin. Les cambodgiens adorent compléter leurs recettes de sauces variées dans lesquelles on trempe tout (c’est d’ailleurs souvent pourquoi on croit à tort que la nourriture cambodgienne n’est pas pimentée).

LA boisson nationale du matin, c’est le café glacé. Dans un verre, on met beaucoup de glace pilée, un café, et une bonne dose de lait concentré sucré. C’est délicieux et à Phnom Penh on en trouve à tous les coins de rue sans exception à 50 centimes. Le chic ultime c’est quand le marchand ambulant en bas du boulot vous reconnaît et prépare votre commande avant que vous n’ayiez le temps d’ouvrir la bouche. Oui oui je parle de moi mais j’en suis fière.

Le principal avantage du petit dej cambodgien, c’est qu’une soupe tient au corps jusqu’à 13/14h facile. Le désavantage c’est quand on est censé en manger en rendez-vous client et qu’on n’a pas encore trouvé le moyen de ne pas faire « sluuurp » en éclaboussant son interlocuteur et sa cravate neuve.
J’avoue ne pas être une grande grande adepte de la soupe aux abats au réveil, mais j’adore voir les trottoirs de la ville se remplir de tables et de mangeurs, et j’aime l’ambiance qui règne dans ces cantines.

Maintenant : Saint-Domingue

Dans ce combat de villes, je crois que la seule similitude avec PP c’est que le petit-déjeuner dominicain est un vrai repas et tient bien au corps.

De ma maigre expérience, le petit-déjeuner « du quotidien » reste ici une affaire privée, et se prend soit à la maison, soit en arrivant au bureau (ce qui n’a de cesse d’étonner les patrons étrangers comme vous pouvez l’imaginer, parce qu’en général c’est une vraie pause qui dure 30 minutes). Néanmoins, on trouve pas mal de restaurants qui servent des menus de petits-déjeuners à toute heure, ça donne un petit air de brunch à la carte et c’est génial de pouvoir manger ça en sortant du sport le samedi par exemple, ou sur une aire d’autoroute (« Parada », qui relève plutôt de la cafétéria d’autoroute que de la station service). (Les petits-déjeuners, c’est ma grande passion. Je le précise ici au cas où ça ne transparaitrait pas tellement sur la suite).

Dans un petit-déjeuner dominicain classique, vous trouverez : des œufs au plat, du mangu (purée de bananes plantain au beurre), un tranche de fromage frit et du salami épais poêlé.

Un repas tout en légèreté donc. Mais bon quand même (ça me fait plus rêver que les abats de Jess je crois). Alors je reviens sur le fromage frit parce que je vois vos yeux de Français/e écarquillés : comme ça ça a l’air dégueu, mais franchement avec le reste, ça passe. Rassurez-vous, la première fois que j’ai vu « queso frito » à l’hôtel le lendemain de notre arrivée dans le pays, je me suis un peu demandé où j’avais mis les pieds. Le mangu c’est pareil, ça remplit le bide mais avec les œufs, ça passe tout seul. Bon et le salami poêlé je ne m’étalerai pas (ça me fait penser qu’il faut que je vous trouve les pubs en 10 mètres par 20 qu’il y a dans la rue avec une photo en gros plan d’un enfant en train de manger ce salami, c’est absolument impensable de voir ça en France, j’adore). Après réflexion, je trouve que le petit-dej dominicain, c’est comme l’anglais, mais en version caribéenne (cf. la banane plantain) et un peu plus d’huile de friture.

Pour rincer tout ça, en général on boit un café. Alors. Le café dominicain. Toute une histoire. Il est connu dans le monde entier, il y a une grosse production locale etc. SAUF que les bons cafés partent à l’export, et que du coup ceux qu’on trouve ici sont assez médiocres, et importés (merci la mondialisation) (après je vous dis ça, j’aime pas le café, donc je vous répète ce qu’on m’a dit). Quand on est un touriste, on peut aussi en remplacement du café se prendre un jus frais d’orange, ananas, fruit de la passion (chinola, et non pas maracuya comme dans le reste du continent) ou mangue quand c’est la saison. C’est un peu la caution santé du repas si vous voulez.

Alors, entre les abats et le fromage frit, comment commenceriez-vous votre journée ?

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1 Comment

  1. Ahlala, que lis-je ? Jess n’est pas une vraie adepte. Elle ne décrit pas la magie d’une excellent bouillon, le plaisir inouï qu’il y a, à croquer les fines nouilles à pleines dents, lorsqu’elles sont rehaussées, juste comme il faut, par toutes les saveurs d’herbes incroyablement parfumées. Et puis, en choisissant bien, exit les abats. Alors, ajoutez-y, le jouissif café glacé, et c’est un délice absolu…Si bien que je la tanne régulièrement pour qu’on y aille ensemble. Faut croire que je m’adapte mieux au pays qu’elle :).

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