Ça fait plus de trois ans que j’ai posé mes fesses dans mon appart. Trois ans que les choses sont à leur place, là où on les a installées. Trois ans que les chaussures vont dans le meuble à chaussures, les papiers dans le classeur à papiers, les sacs dans le sac à sacs, les modes d’emploi dans le dossier à modes d’emploi. Et là, dans quelques petites semaines, je déménage. La suite va être complètement folle puisqu’on parle d’une toute nouvelle vie en Asie. Mais d’ici là, restons focus : il s’agit d’emballer ma vie dans des boîtes, pour la retrouver à mon retour, dans deux ans, peut-être plus ? Il s’agit de vider mon appartement. De me retrouver nez à nez avec tout ce que je possède, d’estimer en mètres cubes le volume global de ma vie.

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Soyons honnêtes, à J-16 du D Day, je n’ai pas fait un seul carton. Je viens à peine de recevoir lesdits cartons (Je me suis même dit, en calculant le nombre de jours pour la phrase précédente : « Oooh, ça va, on est large ! ». Tu parles.)

Mais je suis déjà dans l’état d’esprit opérationtoutvider depuis un petit moment. Pour ce faire, plusieurs angles d’attaque :

  • Vider ses placards. A quoi bon porter, transporter, stocker des denrées périssables ? Mangeons-les ! La meilleure technique que j’ai trouvé pour l’instant, c’est de prendre pour point de départ l’aliment prenant racine. Et de là, imaginer le repas. Des boîtes de pâté ? Apéro dînatoire. Des marrons en conserve ? Purée de châtaignes. Du lait de coco ? Poulet au curry.  L’avantage, c’est que c’est une source d’inspiration. L’inconvénient c’est qu’il y a un gros piège : acheter tellement de produits pour compléter la recette que le placard finit plus plein qu’avant.
  • Dans la même lignée, utiliser les produits qu’on a dans sa salle de bains. Ou les offrir, si on ne s’en servira jamais.
  • Dématérialiser. A l’ère du cloud, on a la chance de pouvoir stocker nos documents en numérique, et de libérer par là nos étagères. J’ai entrepris il y a quelques jours la tâche titanesque de scanner tous mes cours d’école de commerce (au prix que ça coûte, ça me fait mal au cœur de les jeter). C’est une parfaite solution pour les documents qu’on ne relira jamais mais qu’on ne peut/veut pas jeter. Un genre de poubelle numérique pour les lâches.
  • Donner, donner, donner. Ou vendre, quand ça en vaut la peine. Bref, offrir une seconde vie aux objets et vêtements dont on ne se sert plus, plutôt que de les enfermer dans une boîte en se disant « au cas où ».
  • Arrêter d’acheter. De la bouffe. Des fringues. N’acheter plus que des choses qui ressortiront de l’appartement en quelques jours. Pour ce qui peut attendre, attendre d’être dans l’appart d’après.

Finalement, les occasions de faire un gros tri sont rares. Je vis depuis longtemps avec la hantise d’accumuler et de finir ma vie croulant sous des placards débordants, incapable de déménager parce que la tâche est trop colossale, clouée à mes solutions de stockage comme un prisonnier à son boulet. Pour moi la liberté c’est d’avoir le moins de choses possibles, et surtout le moins de choses possibles auxquelles on tient. Les meubles Ikea ? Parfait, le jour où je les vendrai ça ne me fera rien.

Dans les faits je ne vis pas tout à fait comme ça : j’ai mes piles de photos que j’aime regarder, on a une bibliothèque ramenée de Chine dont je n’ai aucune envie de me séparer, j’ai 3 paires de chaussures dorées parfaitement interchangeables. Le minimalisme est surtout dans ma tête. Mais ça suffit pour qu’au-delà du stress des cartons, je voie ce déménagement comme une excellente opportunité d’éliminer le superflu. Et quand j’ai vendu ma chaîne Hi-Fi, offert les 37 couleurs de vernis à ongles dont je ne me servais pas, et mis 12 kilos de cours dans la poubelle de recyclage, j’ai ressenti un délicieux sentiment de liberté.

Et pour ce que j’ai décidé de garder, si certains d’entre vous ont des astuces magiques pour un déménagement sans peine, je suis toute ouïe !