No-poo, low-poo… Ces termes envahissent nos conversations et j’ai l’impression de croiser à tout bout de champ des personnes se targuant d’avoir passé 5 jours / un mois / deux mois sans shampoing. Une précision tout de même : no-poo (raccourci de no-shampoo) est un terme que je trouve assez mal choisi. Ça n’est pas tant qu’on arrête de se laver les cheveux, c’est juste qu’on le fait par des méthodes naturelles, plus respectueuse de notre crâne et de nos égouts (dixit la foisonnante littérature sur le sujet, la, la, ou encore la).

Je n’ai pour ma part pas encore tiré de trait sur le shampoing de nos grands-mères (L’Oréal et affiliés donc), mais j’aime assez l’idée de réduire ses emballages, et les diverses pratiques du no-poo y contribuent, en fabriquant un maximum soi même. Je me suis donc dit, yala, yolo, si je faisais mon propre après shampoing.

C’est armée d’une recette prometteuse et de beaucoup d’espoir que j’ai dévalisé biocoop et clamé fièrement au caissier qui me demandait ce que je comptais faire avec de l’huile d’avocat « mais voyons, c’est pour faire mon propre après shampoing ! », telle une DIYeuse de l’extrême qui aurait fait son dentifrice toute sa vie. Il a eu l’air convaincu, j’y ai cru, et suis sortie de la toute fière de mon nouveau mode de vie naturel et responsable.

De retour dans ma cuisine, j’ai étalé mes armes de guerre sur le comptoir. Bilan des courses : de l’huile d’avocat, de l’huile de coco, de l’huile essentielle de lavande et de l’huile essentielle de romarin.

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Hum, ça fait beaucoup d’huile, la, non ? Non. Que nenni, me dis-je. Après tout, mes cheveux brutalisés par la pollution parisienne le valent bien. Ça sera leur junk-food à eux.

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Touilli, touilla, et voilaa. Une mixture huileuse jaune/verte, qui sent très fort la nature. J’ai mis tout ça dans un ancien pot d’exfoliant de l’époque où je consommait du plastique (genre), et j’ai attendu avec impatience ma prochaine douche.

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Enfin pas celle juste après, parce que ça me paraissait très huileux tout ça. Alors je l’ai mis au frigo une nuit pour que ça se solidifie.

Pas celle d’après après non plus, parce que ça avait trop durci, c’était completement inapplicable. J’ai du le remettre dans la douche pour que ça fonde.

Mais la douche d’encore après, là, oui. La, on y était.

Je me suis tartiné tout ça gaiement sur la tignasse, j’ai rincé, je me suis habillée et j’ai été prendre mon petit déj en attendant que ça sèche.

En attendant que ça sèche.
Que ça sèche.
Que ça sèche.

Ça sèche pas.
C’est trop huileux.

Retour douche.
Nouveau shampoing.

Après être arrivée une demi heure en retard au boulot – mon timing du matin ne couvre pas la double-douche- je me suis dit qu’ils avaient tout de même l’air pas mal, mes cheveux.

J’en ai donc déduit que j’avais totalement échoué à fabriquer un après shampoing, mais qu’en AVANT shampoing je me défendais. J’ai donc recyclé la mixture en masque prélavage pourlesjoursoujailetemps.

Voilà, c’était donc mon 1er produit de beauté maison (gé quant à elle excelle déjà dans le deo, souvenez vous). Je n’ai convaincu ni vous ni moi avec cette 1ere expérience, mais je suis motivée à tester plein d’autres choses (ou marques, quand j’aurai perdu tout espoir dans mes talents) nous permettant de jeter un peu moins de plastique dans les décharges.

Si vous êtes plus loin que moi sur le chemin de l’indépendance shampoinesque, je suis toute ouïe, envoyez vos astuces !

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