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DIY et tranches de vie

Tag: expatriation

PP vs. SD : le petit dej

Il faut vivre pour manger, et les calories ingurgitées avant midi ne comptent pas. Donc de toute évidence ce match Saint Domingue vs. Phnom Penh n°4 se concentrera sur LE PETIT DEJEUNER. Que mange-t-on au réveil sur les plages caribéennes ou au pied des temples d’Angkor? On vous dit tout.

Avant: la lumière électrique de nos cuisines
Bien sûr que Paris abrite les meilleurs boulangers du monde qui chaque nuit font dorer des pains au chocolat et croissants à se rouler par terre. Bien sûr que la France n’a pas à rougir du bruit du café filtre qui chauffe et du beurre demi sel etalé sous une fine couche de confitures de figues.
Alors même si la plupart de mes matins ressemblaient plutôt à un bol de céréales avalé en vitesse au son de « France Inter, il est huit heures », nos vies d’avant ont mis la barre très très haut en termes de petits déjeuners.
Tous mes voyages effectués dans des contrées lointaines m’ont mené à la conclusion que même pour le plus gourmand et curieux des voyageurs, le petit dej est l’étape ultime de l’acclimatation, le moment le plus propice au mal du pays. Et n’importe quelle nationalité vous dira pareil de son propre petit dej.

Maintenant : Phnom Penh

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Happy April Days

Est-ce qu’avril n’est pas le meilleur mois de l’année sérieusement ? Ok, je suis biaisée parce que c’est le mois de mon anniversaire, mais quand même. C’est quand même le mois où il recommence à faire beau (parfois juste pour un week-end, d’accord), où les jours rallongent vraiment, et puis c’est le seul mois qui rime en « il ». Et ça, c’est pas rien.

Les deux mots clefs de nos mois d’avril respectifs : voyage et reconnexion (om shanti). Voyage parce que Jess est rentrée en France pour la première fois, et est repartie à Angkor ensuite. Reconnexion parce que rentrer ça veut dire famille, mais aussi reconnexion avec les huîtres (que les expats qui ne salivent pas en pensant à un bon saucisson ou du brillat savarin, ou même de la tisane, nous jettent la première pierre). Voyage parce que j’étais en Colombie pendant 2 semaines, avec une seule envie c’est d’y retourner. Reconnexion parce que voyager avec des vieux amis y’a que ça de vrai. La vie a été pluvieuse ensuite donc ça m’a permis de faire de la couture (on se retrouve d’ailleurs bientôt avec de nouvelles expériences). Voilà, c’était votre rendez-vous Racontetavie.com mensuel.

Cet article m’a permis d’aller fouiller dans nos archives et de relire des vieux articles et franchement qu’est ce qu’on racontait comme conneries.

Allez bisous !!

Le mot de la semaine : revenir

Je viens de valider une étape obligatoire de la vie d’expatrié : les premières vacances en France. C’est la première fois que j’ai dû accepter que non, je ne vis pas dans une faille spatio-temporelle, et que oui, les pissenlits dans les squares parisiens poussent bien en même temps que les noix de coco sur les palmiers cambodgiens.
Paris était telle que je l’avais quittée, mais m’en extraire pendant neuf mois m’a permis de remarquer que…

Paris est silencieuse. Une fois j’ai même entendu mes pas résonner. Je vous jure.

Paris est vide.

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Mon Whatsapp en décalé

7h30 – Réveil. Les amis français m’ont écrit avant d’aller dormir. Je réponds dans le vide. Sauf quand certains sont en boîte, et répondent en live des messages plus ou moins cohérents.

8h – Petit dej. Gé en République Dominicaine dîne le jour d’avant. Je prends quelques nouvelles entre l’apéro et le plat principal. Ma sœur au Canada est en pleine forme. Sur mon groupe de copines, on monopolise le dialogue avec Shanghai et la Nouvelle Orléans.

9h – Boulot. Message inattendu de la France qui n’arrive pas à dormir.

10h – Pause café. La République Dominicaine va se coucher, et vit encore à une autre date.

12h – Pause dej. Mes parents en Grèce se réveillent. Parfois on (petit) déjeune ensemble au téléphone.

14h – Reprise du boulot. La France et la Belgique se lèvent. Les parisiens donnent des nouvelles depuis le métro. Parfois on m’appelle : ah bon, tu travailles ? Sur le groupe des copines, les françaises se plaignent d’avoir 63 messages non lus au réveil.

16h – Milieu de l’aprem de boulot. Les français qui étaient en boîte la veille émergent.

18h – Sortie du boulot. Parfois j’appelle la France. Ah bon, tu travailles ?

19h – Apéro. La République Dominicaine se lève. A la bonne date, cette fois-ci.

23h – Dodo. L’Europe et l’Amérique sont en pleine forme. Le téléphone vibre dans tous les sens, m’obligeant à l’éteindre et à le mettre dans une autre pièce pour dormir tranquille. Je reprendrai les débats demain, au petit dej.

J’ai mal à la tête, mais je suis devenue hyper forte en calcul mental.

Le mot de la semaine : Femme d’expat’

(Ou plus exactement Conjoint d’expat’ puisqu’il n’y a pas que des gens mariés et il y a aussi quelques hommes) (mais vous avouerez que ça réveille moins l’imaginaire)

Ça pourrait même être le mot de l’année 2016 si vous voulez mon avis. Parce qu’on est devenues des conjointes d’expat’, on a pu aller vivre au(x) bout(s) du monde. Et si Jess a su ne porter ce titre que 15 jours (grâce à sa trouvaille de boulot en un temps record ; Pôle Emploi aurait envoyé une délégation), moi j’en suis encore une de femme d’expat’, donc laissez-moi vous dire que bientôt 5 mois plus tard, je commence à avoir une bonne petite expérience de la chose.

Qu’est-ce que ça vous évoque le terme « femme d’expat’ » ? Un groupe de bonnes femmes qui jouent au bridge et font du point de croix ? Dont les discussions ne tournent qu’autour de leurs enfants, de la qualité du lycée français d’ici par rapport à celui de leur précédente expatriation, et de leur mari et son métier « passionnant, avec de grandes responsabilités » ? Qui ne peuvent pas parler d’autre chose parce qu’elles vivent leur vie à travers leurs enfants et leur mari ? Ouais. Moi aussi je pensais ça avant. Donc je ne disais pas que j’étais femme d’expat’. J’étais l’exception.

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À propos des sensations oubliées


Après 4 mois en République Dominicaine, je suis rentrée en France (métropolitaine*) pour noël, et comme me l’a dit Jess un beau jour au sujet de sa propre expatriation, j’ai vraiment eu l’impression de casser la faille spatio-temporelle dans laquelle je vivais pour revenir à la vie normale.

Comme vous pouvez l’imaginer, après quelques temps sous les tropiques (ou dans les Caraïbes, comme j’aime le répéter régulièrement), l’arrivée au beau milieu de l’hiver a été… étonnante pour mon corps dirons-nous. Plus généralement, j’ai redécouvert une foultitude de sensations complètement oubliées. Certaines qui m’ont rendue nostalgique, d’autres, j’aurais préféré ne jamais les retrouver. Continue reading

Le mot de la semaine : (sortir de sa) zone de confort

Confort

Jess a ouvert la semaine en parlant de faire du confort sa priorité n°1, je la conclurai en vous parlant de l’obligation d’en sortir sous peine de (au choix) : ne rencontrer personne, ne parler à personne, ne servir à rien, ne pas trouver de boulot, ne pas progresser dans sa nouvelle langue d’accueil…

Ci-dessous une petite liste des moments d’un inconfort que je qualifierais d’utile, que j’ai vécus jusqu’à présent à Saint-Domingue, et qu’avec du recul je suis bien contente de m’être forcée à vivre (un peu la liste de la lose si vous voulez, mais de la lose courageuse) :

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Manger du pain au pays du riz

Sur la courbe d’expatriation – oui, des experts ont bien sur écrit sur la question – je crois que je suis en train d’entrer dans la phase 2 dite « Prise de conscience ».

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Courbe d’expatriation

 

Le terme « mal être » est peut-être un peu too much, mais disons qu’après la période « youhou tout est nouveau, si j’appuie là ça fait quel bruit ? », je pense qu’après trois mois on commence naturellement à s’interroger. Trois mois, et alors ? Est-ce que c’est ce que j’imaginais ?

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SD vs. PP : trouver un appart’

Kids ! Puisqu’on vit maintenant toutes les deux diamétralement opposées sur la planète (11h de décalage horaire et Google Hangouts qui fonctionne à merveille, si ça c’est pas beau…), on s’est dit qu’il fallait qu’on vous raconte nos nouvelles vies, au-delà de la grande aventure de l’expatriation et des points de vue touristiques, dans les détails et les habitudes du quotidien. Donc on inaugure un nouvelle série : SD vs. PP.

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PP pour Phnom Penh, où vit Jess depuis le 15 juillet. SD pour Saint Domingue, où je vis depuis le 29 août.

Et pour commencer, un sujet qui vous tient à coeur (2ème question la plus souvent posée à l’annonce d’un déménagement à l’étranger, après « Mais toi qu’est-ce que tu vas faire ? (suivideconjoint.com) » : « Vous avez déjà un appart’ ? ») : la recherche d’un appartement.

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Cambodialamaison

Alors oui, comme annoncé et largement dévoilé sur Instagram, l’été 2016 a été celui où on a décidé de lever l’ancre, et de partir brûler quelques années de notre jeunesse sous de lointaines latitudes. Géraldine décollera fin août pour les mers turquoises, et nous, on a posé nos valises à Phnom Penh voilà presqu’un mois. Dans la vibrante, bruyante, fascinante capitale du Cambodge.

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Niveau dépaysement et sortie de la zone de confort, on a ce qu’il faut. Il faut troquer le métro pour le vélo et la crème hydratante pour du SPF 50. Il faut tout redécouvrir : comment laver ses légumes, où acheter des ampoules (pas au supermarché figurez-vous), comment dormir par 30°C. Il faut essayer d’apprendre une langue qui ne ressemble à rien de connu (le soir = pel lenguietch, pour vous donner un exemple) et trouver une manière de rester présentable quand on sue à grandes eaux dès qu’on marche plus de deux minutes (je cherche encore la solution).

C’est assez fascinant, et finalement on passe peu de moments de notre vie à être dans la totale découverte, à s’étonner tous les jours de choses nouvelles, de raisonnements opposés aux nôtres, de fonctionnements qu’on ne suspectait pas. C’est ce qu’on cherchait en partant au bout du monde et c’est bien là.

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Mais comme la nature humaine cherche toujours à se rattacher au rivage, j’ai hâte de me sentir complètement chez moi. Et ces quelques semaines d’étonnement m’ont amené à réfléchir à ce que ça veut dire, « chez soi ». De quoi a-t-on besoin pour se sentir à la maison ? Je crois que pour l’instant, je pourrais le résumer à ça  :

  • Des proches. C’est peut-être dû à mon habituelle hyperactivité sociale, mais c’est pour l’instant ce qui me saute le plus au visage. Il faut des gens avec qui rire, partager, prendre du recul, débattre et exposer ses doutes.
  • Savoir où se trouve quoi. Avoir au moins une petite idée d’où aller pour trouver une table de chevet, un dentiste ou des petites cuillères.
  • Des kiffs. Trouver des activités, des rituels, où on se fait vraiment plaisir. A Paris c’était me faire un ciné toute seule en mangeant un Cream Crisp ou rentrer en vélo et regarder la Seine tellement c’est beau. Ici j’ai l’impression que ça va se terminer en massages et autres les-spas-sont-a-un-prix-accessible-et-sont-trop-oufs-youpi-allelouia-enfin-depuis-le-temps-que-j’ai-mal-au-dos.
  • Un toit. Quand on a commencé à chercher un appart, Géraldine m’a dit « ça sera votre sanctuaire ». Le terme m’avait paru exagéré, mais pourtant il y a de ça. Un endroit, quelque part dans la ville, où ce sont nos propres règles, nos propres goûts, nos propres objets, familiers, qu’on a choisis.
  • Une routine. C’est paradoxal parce c’est bien ce à quoi on essaie d’échapper. Et pourtant, manger la même chose tous les matins au petit dej, connaître par cœur le chemin du boulot, connaître par cœur les rayons du supermarché, c’est aussi ça, la vie.

Bientôt sur vos écrans : réflexions diverses et variées sur ce pays et la vie à l’étranger, vais-je allonger ma liste d’indispensables pour se sentir à la maison (camembert, abonnement ugc illimité, etc.), trucs et astuces de survie, etc, etc.