N'importe Quoi pour des Gens Bien

DIY et tranches de vie

La face cachée de la blogosphère

J’aime bien penser que les blogs sont à l’internet ce que les séries sont au cinéma. Un truc petit format qui rend addict. Un truc qui rend aussi plus exigeant, parce qu’on peut abandonner à tout instant. Faut du cliffhanger (comme le film avec Stallone) (être tenu en haleine, du suspens quoi). Un truc à suivre régulièrement sous peine d’être perdu et de risquer d’être spoilé à chaque conversation. L’échappatoire de nos quotidiens de robots, un rappel qu’un autre monde existe (dédicace au mur des vacances).

Et comme pour les séries, je ne dirais pas que je suis une grande malade, je n’ai pas besoin d’appli pour savoir à quel épisode j’en suis simplement parce que j’en suis un nombre limité. 5 ou 6 blogs, régulièrement, et pour la plupart depuis longtemps. Ceux qui sont arrivés sur mon dashboard netvibes sont assurés d’une fidélité à toute épreuve, même en vacances.

Mais comme dans toute relation longue durée, il y a des petits accrocs. Des côtés sombres. Ci-dessous un résumé des symptômes de ma blog-victimisation.

1. Tous les blogueurs que je suis sont mes amis

Je veux dire, je les connais hyper bien on se voit tous les jours ! Ce qui est plus que mes amis de la vraie vie, donc ça compte.
Donc, tranquillement, je me dis que je pourrais passer voir Erin à New York quand j’irai un jour. J’imagine qu’Elsie, Emma, Laura, Josh … m’accueilleraient les bras grands ouverts si je frappais à la porte de leur studio, et qu’on ferait des DIY à gogo, et qu’on mangerait des gnocchis et des trucs au beurre de cacahuète. J’imagine croiser Lisa dans la rue et qu’on se tombe dans les bras comme des copines de collège. Je me suis sentie trahie quand j’ai découvert que Garance n’était qu’un pseudo. Bref, vous voyez le concept, je suis sure que ça vous fait pareil avec les personnages de séries.

Et parce que tous ces gens, qui ne soupçonnent même pas mon existence, sont des potes, …

2. … Ils me font acheter des trucs (ou me donnent très envie de le faire)

Parfois c’est bien et ça me fait découvrir de belles marques (celle-là par exemple), ou me fait changer mon « rituel beauté » en mieux. Mais ce masque à 50 balles ? Cette box de cartes qui n’aurait aucune utilité parce que je n’en envoie jamais de cartes, encore moins à des anglophones ? Ce traitement au laser qui finalement n’est rien de moins que de la chirurgie esthétique, et qui peut attendre que je sois plus riche, plus vieille, plus moche ?
Que dire sinon que quand une copine te recommande un produit, tu as envie de l’acheter.
La beauté de tout ça c’est que les marques l’ont bien compris, et que c’est même devenu le business model de certains blogs. Donc on reste alerte les enfants, la frontière est fine entre recommander un produit parce qu’on l’aime vraiment bien, avoir un sponsor, et gagner de l’argent à chaque clic.

3. Ils me font culpabiliser, voire me sentir banale

Les blogs, c’est un peu un rappel quotidien que ma vie, mes habits, ma tête, mes cheveux, ma deco… ne sont pas aussi stylés que je le voudrais. C’est aussi un rappel fort sympathique que la créativité n’est pas toujours présente dans mon quotidien et que si j’avais le choix, ce serait tous les jours mercredi après-midi (de quand on était petit. Parce que mercredi après-midi aujourd’hui c’est comme les autres jours hein). Et ça, ça mérite de prendre un peu du recul parfois et se rappeler que les bloggers ne montrent pas leurs DIY ratés, les 10 essais qu’il a fallu faire avant d’arriver à cette recette incroyable ou à cette photo parfaite. Ceci est un appel : je voudrais voir autre chose que des Parfaitas en ligne, parce c’est bien de rater, et surtout, c’est normal. Ceci dit, j’apprécie l’honnêteté de certains bloggers, qui se mettent à ouvrir un peu les coulisses et n’ont pas peur de dire qu’ils n’arrivent pas à se concentrer en cours de yoga.

Arrivés à ce stade, vous pensez : ben arrête de les suivre, ta vie sera plus simple et tu pourras vivre en paix avec toi-même et ton portefeuille.

Si je prends cette peine, jeunes padawans, c’est parce que mes blotes (blog+potes) me motivent à construire des trucs, m’inspirent, me rendent plus humaine, me donnent des milliers d’idées pour quand j’aurais une maison moi aussi, me filent des bons plans pour ressembler à quelque chose et pour acheter des belles choses, me forcent à mâcher davantage, me dédramatisent l’hôpital pour le jour où j’y mettrai vraiment les pieds, me font mes repas du soir, me donnent envie d’avoir des poules dans mon jardin, me font faire mon propre déo maison

Donc… Je continuerai à les suivre.
Jusqu’au jour où sur les conseils de l’un d’entre eux, je me ferai refaire les fesses pour 10 000 € (et là, j’espère bien que mes vrais amis de la vraie vie, qui, même si je ne les vois pas tous les jours, connaissent mon nom, m’arrêteront.)

1 Comment

  1. Benjamin Cukierman

    1 décembre 2014 at 7 h 12 min

    Hahaha!
    You can send me letters un English if you want!

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