N'importe Quoi pour des Gens Bien

DIY et tranches de vie

Love hate réseaux sociaux

Je prends mon téléphone. J’ouvre Facebook. Je scrolle. Je ferme Facebook. Je ré-ouvre Facebook. Je scrolle. Mais… je viens pas de voir ça déjà ?
Du coup, j’ouvre Instagram. Je scrolle, je like. Je ferme Instagram. Je ré-ouvre Instagram. Je scrolle. Mais…

ARHH.

Où est mon cerveau ?


Dix ans de pratique des réseaux sociaux, dix fois plus d’amis que je n’en compte dans la vraie vie, plusieurs tentatives de « Stop à la culture de l’info, exit les réseaux sociaux » infructueuses, des heures à lire des trucs essentiels (« Roger participe à ce cours de fabrication de tampons encreurs près de chez vous » / « Votre voisin de classe de CM2 et cet illustre inconnu sont amis depuis 8 ans » / « Cette fille se photographie tous les jours depuis ses six ans, vous n’en croirez pas vos yeux »), et des pubs bien bien ciblées (en ce moment : les soutifs pigeonnants, l’aide en ligne pour la dépression, ou la merveilleuse carrière de blogueur voyage).

C’est un peu comme un gros Macdo finalement. On sait que c’est pas bon pour nous, mais on kiffe quand même. On vit une expérience partagée entre le plaisir du gras des potatoes sur nos papilles, le dégoût de la sauce mayo et la culpabilité du lendemain. Rien de bien méchant donc tant qu’on a un peu de self-control et de recul sur la vie.

Mais ces derniers mois, en essayant de pousser un peu le compte du blog, j’ai découvert les coulisses d’Instagram. Le vrai Instagram, pas le compte privé où on partage sa déco avec ses copines. Celui de la chasse aux likes et aux followers. The real thing. Et là, ce genre d’articles a pris tout son sens.

Déjà, le réseau est bourré de personnes qui likent pour être likées en retour. Mais attention, c’est subtil. La méthode la plus courante et universellement reconnue comme un bon moyen de faire grossir sa base d’abonnés, c’est de commenter les photos d’instagrammeurs randoms, pour faire croire à un sentiment d’échange et avec un peu de chance gagner des followers. C’est pourquoi dès que vous dépassez les 5 ou 6 hashtags, vous vous retrouverez avec des « Great pic ! », « Love your feed ! », « Nice ! », et autres pouces en l’air et commentaires impersonnels.

Sur le compte de NQGB, on a même eu plus fort. Alors qu’on signait une photo d’un bon #dimanchematin, une utilisatrice commente : « Le dimanche matin, comme un air de vacances mais à la fois le quotidien… ». Tiens, tiens ? Une rêveuse sincère, me dis-je ? Bien sûr que non, ladite poètesse avait copié collé son commentaire sous TOUTES les photos des trois dernières semaines qui avaient utilisé #dimanchematin.

Alors j’avoue que parfois je me demande : à quoi ça rime un espace où tout le monde s’échange des sourires hypocrites en cherchant sa propre gloire ?

Malgré tout, il faut lui reconnaître un truc à ce réseau, c’est qu’il est beau. Mon feed est une succession de jolies images, de gens qui sourient, de plages désertes et de macarons à la pistache. Il y a une démarche de positivité qui me rappelle un peu celle des happy days : pour poster, il faut porter un regard positif sur sa vie. Il faut voir le potentiel graphique d’un sol carrelé, capter un rayon de soleil pendant un week-end pluvieux ou s’étonner d’une scène de la vie quotidienne dans la rue. Tout le monde se prend pour un photographe professionnel, et donc on adopte quelque part l’une des grandes qualités de ce métier : l’observation permanente. Pour les adeptes du selfie, j’ai moins d’excuses (à part que ça vous garantira une pluie de likes), mais je me dis que c’est une expression de l’estime de soi.

J’entretiens donc une solide relation love/hate avec les réseaux. J’ai fait un sevrage Facebook pendant quinze jours pendant l’entre deux tours présidentiel, tellement les débats sur mon news feed me déprimaient. Récemment j’ai supprimé les icônes Instagram & Facebook de mon écran d’accueil, pour éviter le phénomène cité dans les premières lignes de cet article.

Et puis, j’ai passé un week-end dans une villa de rêve au bord de la mer, et là je n’ai pas pu résister. J’ai posté une photo de la piscine à débordement.

3 Comments

  1. super article, qui décrit bien ce que je ressens aussi 🙂 merci

  2. j »adore, comme dab !

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