Kids ! Puisqu’on vit maintenant toutes les deux diamétralement opposées sur la planète (11h de décalage horaire et Google Hangouts qui fonctionne à merveille, si ça c’est pas beau…), on s’est dit qu’il fallait qu’on vous raconte nos nouvelles vies, au-delà de la grande aventure de l’expatriation et des points de vue touristiques, dans les détails et les habitudes du quotidien. Donc on inaugure un nouvelle série : SD vs. PP.

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PP pour Phnom Penh, où vit Jess depuis le 15 juillet. SD pour Saint Domingue, où je vis depuis le 29 août.

Et pour commencer, un sujet qui vous tient à coeur (2ème question la plus souvent posée à l’annonce d’un déménagement à l’étranger, après « Mais toi qu’est-ce que tu vas faire ? (suivideconjoint.com) » : « Vous avez déjà un appart’ ? ») : la recherche d’un appartement.

Rappel : À Paris
Louer à Paris, comme tout le monde le sait, c’est essayer de prouver qu’on est riche, ou qu’on le sera bientot (entendu dans une visite : « mon copain sort également de l’ESCP donc il ne devrait pas avoir de problème pour trouver un boulot »), et/ou essayer de faire copain-copain avec l’agent (ça ne sert strictement à rien) ou le proprio (seule méthode qui marche d’après mon expérience). Le tout entouré de 56 couples avec exactement le même profil, qui font exactement la même chose en même temps, dans un 37m2 mal isolé et humide avec une fausse cuisine, « mais ce n’est pas une rue très passante, et vous avez une borne Velib juste en bas ». Une seule règle : ne rien lâcher.

À Saint Domingue
Première chose : l’offre est supérieure à la demande (et ce n’est pas près de s’inverser vu le nombre de tours qu’ils continuent de construire). Cela met le chercheur d’appartement dans la position confortable de 1. Ne pas avoir à se décider en 5 minutes (et ainsi pouvoir revoir un appartement une semaine après, parce qu’il sera toujours libre), 2. Négocier avec les propriétaires l’ajout ou le changement de certains meubles (impensable à Paris) et 3. Bénéficier gratuitement des services d’un agent qui est payé par les propriétaires.

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Donc évidemment la tâche est plus aisée, vous vous en doutez. Néanmoins. Deux paramètres importants sont à prendre en compte. SD est une ville bruyante. Très. Combinez à ce paramètre la qualité globalement médiocre (pour ne pas dire merdique) de bon nombre de constructions, même neuves, et l’entreprise s’avère plus compliquée pour deux ex-asniérois mal habitués au silence total des banlieues parisiennes pavillonnaires. Et enfin, SD est une ville embouteillée. Donc le choix du quartier est vite important si on ne veut pas passer sa vie dans les « tapones ». On peut aussi rajouter à l’équation qu’on loue un meublé, donc si possible des meubles et une déco pas trop moches (on évite les commodes en miroirs par exemple).

Deux particularités des logements dominicains (tels qu’on les a vus, donc plutôt les logements de luxe) : il y a dans chaque tour une « area social » avec la plupart du temps une piscine, un gym (des machines de sport si vous voulez) et un endroit climatisé, où généralement personne ne va (sauf les étrangers). On sent qu’ils ont quand même la place de construire des non-logements… Et tous les appartements ont une zone pour le personnel de maison (une petite pièce avec sa salle de bain où la bonne, quand elle est à domicile, vit). Autant vous dire qu’on ne sait pas bien quoi faire de cet espace pour le moment.

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On a dû visiter une vingtaine d’appartements environ, en faisant tous les tests d’isolation possibles… Et bon au final il y a des coqs en bas de celui qu’on a choisi (oui oui, en pleine ville). Mais l’appart est magnifique, il y a un canapé kivik dans le salon, la piscine donne envie de se baigner dedans et on voit la mer… On va s’habituer aux coqs je crois.

A Phnom Penh
Vous connaissez la chanson de Delerm ‘Nos histoires sont les mêmes, comme si nous avions pratiqué dans des piscines parallèles la natation synchronisée »? SD, PP, même combat. Nous aussi à Phnom Penh :

– ils construisent comme des fous furieux. Et ça fait que c’est bruyant, partout, tout le temps. Tout le monde déménage parce qu’une construction éclot sous ses fenêtres. Les mecs démarrent à 7h du mat, 7 jours sur 7. Ca fait aussi qu’il y a des tonnes de logements, vides pour la plupart. Mais ce que ça ne fait pas – et je cherche encore la logique – ce que ça ne fait pas, c’est baisser les prix. Les loyers restent étonnament chers (équivalent Lyon, je dirais), et les propriétaires préfèrent parfois garder leur appartement vide pendant un an plutôt que de baisser le loyer de 50 dollars. Incompréhensible, vous dis-je.

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– l’agent nous emmène dans une même journée voir 5 ou 10 apparts. On monte sur sa moto, ou dans sa voiture, et roulez jeunesse. Par contre aucun système d’exclusivité ; tous les agents peuvent faire visiter tous les apparts. On se retrouve donc à visiter les mêmes appartements, plusieurs fois, avec des agents différents. Les proprios ne nous reconnaissent jamais parce qu’il faut le dire, ils trouvent que tous les blancs se ressemblent. Donc on peut visiter l’appartement trois fois incognito.

– le gros des appartements proposés aux étrangers sont des condos. Comprenez : une grande tour, un gardien H24 (cool), une piscine et un gym partagé (cool), et des appartements qui ressemblent à des chambres d’hôtel (moins cool). Les rideaux marrons et les tables basses en verre avec des fleurs gravées dessus, passe encore, mais tous ces appartements sont dénués de terrasse ! Au mieux, un balcon d’1,5m2 pour faire sécher le linge. Attendez les gars, on est sous les tropiques ou pas ? On veut pouvoir petit déjeuner en plein air, nous !
Le problème, c’est que les appartements typiquement khmers, c’est rude (comprendre pas de fenêtres dans les chambres), et que les vieilles maisons jolies sont souvent dans le vieux quartier de la ville, trèèèès bruyant.

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On a fini par trouver un très chouette appartement avec une grande terrasse dans une vieille maison, dans une rue calme. Mais… ça construit juste en face, les voisins écoutent du Céline Dion à tue tête jusqu’à pas d’heure, et on est envahis par les moustiques et les fourmis. Recherche d’appart épisode 2 à venir, peut-être ?